Georges Leekens : "Le Standard de Liège n'est pas encore sur le même niveau que le FC Bruges"

Le 27 10 2019 à 11h50

En exclusivité pour Leero Sport News, Georges Leekens évoque le match entre le FC Bruges et le Standard et nous donne de ses nouvelles.

Georges Leekens, ancien sélectionneur de la Belgique et entraîneur du FC Bruges, a aussi été en finale de Ligue des Champions 1978 avec son club de toujours. Dans le Leero Sport Show, il vient évoquer pour nous la Jupiler Pro League, l’affrontement entre le FC Bruges et le Standard, ainsi que sa riche carrière. 


Bonjour Georges, merci pour votre disponibilité. Comment voyez-vous l’affrontement entre le FC Bruges et le Standard de Liège de ce dimanche ? 

Vous me parlez de deux petits clubs ! (rires). Je crois que Bruges a fait quatre saisons avec Michel Preud’homme avant qu’il arrive au Standard. Clément est un ancien adjoint de Michel. Bruges a beaucoup de potentiel mais le Standard est en train de refaire une équipe de haut vol. Ce n’est pas évident pour le Standard car ils ne sont pas encore sur le même niveau mais sur un match, on ne sait jamais. Cela peut être un match dans le match entre Michel et Philippe. 


Le Standard n'est pas encore sur le même niveau que le FC Bruges


Qu’avez-vous pensé du départ de Ivan Leko ? 

J’étais malheureux car Leko a fait un bon parcours en Champion’s League et à cause des choses autour, de son poste de manager, il y a eu un problème. Il a mis de la grinta et c’est pas évident de passer après Michel. Il a très bien bossé mais c’est à cause des choses extra football qu’il est parti. Bruges a choisi Clément qui a fait un parcours fantastique avec Genk, il a continué le travail de Leko. 


Ivan Leko est parti à cause de choses extra football


Vous avez été en finale de Ligue des Champions 1978 avec le FC Bruges, le plus beau parcours jamais accompli par le club. Quels souvenirs en gardez-vous ?

Etre deuxième, c’est jamais bon. C’est vrai qu’en 1975-76, on était en finale contre Liverpool en Europa League, en 1978, c’est encore Liverpool en face, à Wembley. On avait éliminé des grosses équipes. Gagner contre Liverpool, c’était pas facile. Techniquement, c’était pas les meilleurs mais jouer à Wmebley contre Liverpool, il faut être plus qu’à 100% et puis c’était la fin peut être, d’une génération extraordinaire avec Bruges. 


Après 1975, on retombe sur Liverpool à Wembley cette fois (...) il fallait être à plus de 100% pour espérer gagner cette Ligue des Champions


Vous éliminez la Juventus en demi. Les Italiens, c’était déjà compliqué de les jouer ? 

La Juventus a ce moment là, c’était le haut niveau mais nous n’avions peur de personne. Pour nous, passer le Milan ou le Real, c’était dans nos gênes. 


A cette époque, Alan Simonsen rayonne sur l’Europe. Il vous aurait fait du bien à Bruges à l’époque, non ? 

Lui était très mobile, c’était quelqu’un de très haut niveau. Déjà avec Bruges, on jouait déjà un football moderne avec un pressing très offensif. Il y avait du talent et un entraîneur autrichien très spécial, partout où il passait, il gagnait. On était l’équilibre qu’il y a dans une balance entre le mental et le physique. On avait faim. Toujours cette envie de gagner. Pour revenir au niveau où nous étions en Europe, ça va être difficile pour le FC Bruges car il faut beaucoup d’argent et en Belgique, les moyens financiers ne sont pas les mêmes. Il y a un problème de stade. Vous imaginez ? Nous n’avons même pas de stade national pour notre équipe nationale aussi donc…il y a des progrès à faire partout. 


Avec le FC Bruges, on avait faim de victoire. Personne ne nous faisait peur.


Que pensez-vous du Standard de Liège en général ? 

C’est toujours spécial au Standard, les supporteurs sont chauds comme à Marseille. Ils sont en train de revenir au plus haut niveau. Michel bâtit une équipe solide, il crée de la concurrence. Il y a de l’intensité, Michel a pris un jaune, Deflandre un rouge mais c’est comme ça. Michel veut faire un bon résultat et imaginez, il était le patron de Philippe alors…sur le terrain, c’est là où la vérité se passe. Vormer, le capitaine de l’équipe sera présent, il n’est pas le meilleur joueur du monde, mais il est très important pour Bruges et cela sera aussi un élément à prendre en compte.


Vormer sera de retour, ce sera un élément important pour le FC Bruges


Que pensez-vous de l’évolution de la sélection des Diables Rouges ? (question Ulysse)

Quand j’étais encore avec l’équipe nationale en 2010-2012, nous avons remonté le classement FIFA en passant de la 67eme place à la 18eme. Pour moi, cette génération est très talentueuse mais on ne se qualifie pas pour l’Euro en Pologne. Moi j’étais le pire des entraîneurs, j’ai lu que c’était une génération perdue. J’avais assumé en ajoutant qu’on allait dépasser les Hollandais. On n’a pas gagné de titre majeur mais avec cette génération, il faut qu’aujourd’hui, on prenne un trophée. On a maintenant cette expérience de gagner des titres majeurs en club pour les joueurs, avec City, Madrid, Chelsea etc…On a beaucoup de concurrence au haut niveau. Quand je les ai eu, c’était des gamins mais maintenant ce sont des joueurs expérimentés. Pour moi, c’est le moment idéal pour remporter au moins l’Euro l’année prochaine.


C'est le moment idéal pour la Belgique de remporter un titre majeur



Vous avez été sélectionneur de l’Algérie. Comment analysez-vous leur victoire à la CAN ? (question Peyo) 

J’ai été deux fois en Algérie. Elle a eu des temps difficiles pour faire de grands résultats. A la fin, on avait des joueurs de haut niveau. On n’avait pas d’équilibre entre la défense et l’attaque. Je crois qu’on avait plus de qualités offensives à mon époque mais on était trop faible dans l’errance et la défense. Mais là, le coach Belmadi a fait grandir l’équipe et a trouvé un équilibre. Ils ont fait un parcours fantastique. Là-bas, ils sont fous de football, ça reste mes amis. Je leur souhaite de faire un grand parcours en Coupe du monde sauf contre les Belges (rires). 


Le coach Belmadi a fait grandir l’équipe et a trouvé un équilibre


Vous avez énormément voyagé. Pourquoi cette bougeotte tandis que vous êtes adoré en Belgique ? (Question Tim)

Moi je suis un aventurier. La Belgique est un pays fantastique, je suis très content de vivre ici mais j’aime l’aventure. Je suis allé dans 8 pays, j’ai fait 6 équipes nationales, j’ai vécu dans beaucoup de pays avec des cultures et des religions différentes. Cela permet de voir les choses d’une autre manière. En Belgique, j’ai été le plus jeune entraîneur et j’ai encore quelque propositions. C’est pas mal, non ?! Mais pour l’instant, je suis à la maison et ma femme est très contente (rires). Je suis resté passionné comme au premier jour, c’est un virus. 


J'ai eu des propositions et je vais étudier chaque cas particulièrement


Peut-on parler de votre avenir ? Avez-vous d’ailleurs des propositions ? 

Il y a eu des propositions que je n’évoquerai pas. J’ai refusé quelque offres. Je suis revenu de l’Iran où la situation est devenue compliquée. J’attends un petit peu pour voir et étudier tranquillement. J’espère bien recommencer mais je vais bien étudier chaque cas. 


Merci Georges 

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L'auteur

Jean-Aurel Chazeau

Fondateur Leero Sport News et juriste en herbe rêvant comme un gosse devant les passements de jambes de Roni, pense toujours qu'Edixon Perea aurait pu jouer dans un top club.

@J_AurelChz | jeanaurelchazeau.com

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