Sebastien Frey :"Les Girondins de Bordeaux ? Ca fait partie des grands clubs français"

Le 17 10 2019 à 09h58

En exclusivité pour Leero Sport News et en marge de France Turquie, Sébastien Frey nous donne de ses nouvelles de sa Viola et Franck Ribéry.

Sébastien Frey, gardien emblématique de la Fiorentina, l’Inter, Parme et de l’équipe de France nous a accordé quelque minutes en marge de France-Turquie, l’occasion aussi de décrypter l’actualité de la Viola mais pas que. 


Bonsoir Sébastien, merci pour votre disponibilité. Quel est votre oeil sur l’évolution de l’équipe de France ?

Ca a énormément changé car il y a eu l’arrivée d’une nouvelle génération. Il faut être objectif. La nouvelle est talentueuse et malgré leur jeune âge, joue dans des clubs prestigieux. Ils ne dépassent pas les 25 ans, ils jouent la Ligue des Champions et le titre chaque saison, cela apporte énormément. 


Comment expliquez-vous que par rapport à votre époque, les clubs investissent plus sur des jeunes prometteurs que des joueurs expérimentés ? 

Les clubs ont plus plus envie d’investir sur de jeunes talents, c’est vrai. Au niveau des budgets, il y a des proportions inhumaines. Derrière un transfert, il y a l’envers du décors avec un retour sur image, le merchandising, les clubs peuvent investir de grosses sommes sur des jeunes à cause du retour sur investissement. Tandis qu’à mon époque, les clubs investissaient massivement sur des joueurs confirmés pour simplement être plus compétitif et gagner des titres. 


A mon époque, les clubs investissaient massivement sur des joueurs confirmés pour simplement être plus compétitif


Depuis quelque temps, on assiste à un retour en force de la Série A, qu’en pensez-vous ? 

Tout à fait, il y a eu un petit passage à vide entre 2012 -2015 mais ça fait bien 2 ans maintenant que la Série A reprend de l’ampleur. Le Calcio a été l’un des plus grands championnat au monde. Il y a eu ce signal important avec l’achat de Cristiano Ronaldo. C’est un produit dérivé. Aujourd’hui, tu as des stades comme le Chievo qui est rempli quand la Juve arrive. Et puis, aussi, tu as l’arrivée de Franck Ribéry qui a très envie de prouver qu’il est encore au très haut niveau et est déjà rentré dans le coeur des supporteurs de la Viola. 


Franck Ribéry a très envie de prouver qu’il est encore au très haut niveau


Pourriez-vous évoquer cette atmosphère si particulière autour de la Viola ? 

Le supporteur de la Viola n’est pas plus exigeant que ça mais il veut que les joueurs mouillent le maillot. Pour rester dans l’histoire, il faut quelque chose en plus comme Batistuta, Rui Costa, Lucas Toni, Mutu. Franck, c’est différent car c’était déjà un très grand joueur, il s’est dit, « j’ai envie de me remettre en jeu et je choisis la Fiorentina ». Il y a eu de nouveaux propriétaires qui ont voulu frapper un grand coup, et Franck est ce symbole. Rends toi compte, il a eu une standing ovation pour lui à San Siro. C’est un très grand joueur qui sera apprécié par tout le monde en Italie. 


Franck veut emmener la Viola au plus haut


Justement, je ne peux pas croire que vous n’ayez pas déjà rencontré Franck…

Ecoute, on se téléphone tous les jours, il est venu manger à la maison dimanche dernier. J’ai des projets à la Fiorentina, j’ai été voir un match et puis finalement les choses faisant, on a organisé un petit repas avec son épouse et la mienne. Franck a toujours été un joueur haut dessus de la norme et est un homme intègre. C’est quelqu’un qui a bon état d’esprit et il a la gagne. Il a cette mentalité de toujours vouloir remporter des trophées. J’ai été surpris par son envie d’emmener son club de la Fiorentina au plus haut. 


Pensez-vous que la France est passée à côté du retour de Franck Ribéry cet été ? 

Je pense que oui mais je ne sais pas si Franck aurait voulu revenir en France. Après il a eu un coup de foudre avec l’OM. Marseille, ça reste son club. Cela m’aurait plus étonné qu’il aille en France qu’à la Fiorentina. Après, je pense qu’il retournera à Munich et le club du Bayern va lui proposer un poste dans le club par rapport à sa grande carrière. Je pense que la France est passé à côté de quelque chose d’important. 


En Allemagne, ils respectent les joueurs qui ont porté le maillot.



Que pensez-vous du retour des anciens dans les structures clubs en Allemagne ? L’Italie est-elle sur ce chemin ? 

En Italie ça commence, on voit avec le retour de Nedved au sein du club et David Trézéguet, ambassadeur mondial des bianconeri, mais l’Allemagne a un truc en avance car ils respectent les joueurs qui ont porté le maillot. Quand on porte le maillot plusieurs années, on fait partie d’une famille. En France, on en est loin même si on voit Juninho à Lyon et Leonardo à Paris mais ça passe par les équipes de légendes. Là, on est sur un projet d’équipe de légendes avec la Fiorentina, c’est une forme de respect pour ceux qui ont porté le maillot. Ce sont des moments spéciaux, j’en ai fait quelqu’uns avec la FIFA et avec l’Inter. J’ai joué avec Klinsmann, je me suis dit « Wouah! », c’est un joueur que j’ai plus vu à la télévision. On découvre aussi des joueurs qu’on connaissait plus en tant qu’adversaire et ça permet d’avoir des bonnes surprises. 


Bordeaux ça fait partie des grands clubs français


La Fiorentina, on peut dire que c’est votre club de coeur ? 

Bien sûr que oui, c’est le club où j’ai joué le plus longtemps. Ce club représente un petit quelque chose en plus par rapport aux autres. Il y avait un projet intéressant à mon époque pour avoir une équipe compétitive. Et j’ai l’impression que les nouveaux dirigeants ont cette envie de bâtir quelque chose d’important avec notamment, l’achat d’un terrain pour un nouveau stade. Mais il y a des signaux comme avec la venue de Ribéry ou de Pedro. Il y a un projet sur 3 ans et la Fiorentina reviendra dans la compétition européenne. Ils vont continuer de bâtir une équipe compétitive. Ils plantent de très très bonnes bases. 


Pour en revenir à la Ligue 1, les Girondins de Bordeaux vous ont-ils déjà approché ? 

Non, même si c’est un club qui a son petit truc à l’époque des années 90. Bordeaux ça fait partie des grands clubs français, il y a des grands joueurs comme Gaetan Huard, Jean Pierre Papin aussi contre qui j’ai joué avec l’AS Cannes. C’est un club qui m’est sympathique et qui a son histoire en France. 


La semaine en Turquie, tu as des milliers de gens qui viennent t’encourager à l'entraînement


Vous avez évolué en Turquie. Comment voyez-vous ce France-Turquie ? 

C’est toujours particulier à jouer comme équipe. Ça va être un match encore plus particulier par rapport au contexte géopolitique. Il y a un climat particulier, surtout ce soir (lundi ndlr). J’espère que la France va l’emporter. Moi ça a été une très belle expérience par contre les supporteurs sont très chauds, la semaine, tu as des milliers de gens qui viennent t’encourager mais on est à des années lumière du niveau du top européen. 


Comment voyez-vous la hiérarchie des gardiens bouger en France dans les années à venir ? 

Dans 5-6 ans, je pense que Hugo et Steve auront arrêté. Je pense que le PSG n’a pas été correct pour Areola, je l’aurais gardé, je pense qu’il a besoin d’expérience et il est le prétendant numéro un. Maignan est une très belle surprise, ça fait du bien de le voir appelé en équipe de France. Après pour Lecomte, l’équipe de Monaco ne tourne pas donc ça ne le met pas en valeur. Tout va dépendre de la carrière d’Areola selon moi. 


Je pense que le PSG n’a pas été correct pour Areola


Ne croyez-vous pas qu’il y a une mise en valeur plus importante du rôle de gardien de nos jours ? 

Ce qui se passe, hormis quelque exceptions, on parlait moins du gardien que des attaquants ou milieux offensifs, mais les clubs ont compris que le gardien est important. Si un club veut jouer un titre, ça passe par un grand gardien, défenseur central, milieu et attaquant. Il faut une base pour être dans les meilleurs conditions pour gagner. C’est pour ça qu’il faut soutenir son gardien même dans la presse. Maintenant, on a tendance à protéger le gardien. Il faut se sentir en confiance, nous, ça joue au niveau psychologique. J’ai toujours tendance à regarder plus particulièrement ce poste parce que je sais ce qu’on ressent. 


On a l’impression qu’à l’image de la ville de Florence, la Fiorentina s’efforce à produire du beau jeu. Qu’en dites-vous ? 

C’est à dire que la génération Batistuta et Rui Costa, c’était fort beau à voir. Nous avons eu une génération avec Prandelli où il exigeait de bien jouer après quand tu joues bien, tu as plus de chance de gagner. Florence a une atmosphère particulière, la ville bouge au rythme des résultats de l’équipe. Quand tu pers, la ville est éteinte, les gens sont aigris. Le fait d’avoir pris Franck Ribéry, on retrouve cette classe d’un peintre sur le terrain. On le définit déjà comme le roi de Florence alors que ça ne fait que 5 matchs qu’il joue. 


Comment va se composer votre avenir ? On est surpris de ne pas vous voir dans un club…

J’ai eu beaucoup de propositions en Italie. Je n’en avais pas envie, je viens de refonder une famille, je viens d’avoir une petite fille. On m’a proposé un projet intéressant avec la Fiorentina, notamment créer l’équipe des Légendes de la Fiorentina. On est en train de le préparer et on fera la présentation officielle avec un premier match avec l’équipe. De l’autre côté, je suis en train de créer une academy de gardiens de but avec que des spécifiques. Le projet est fini et on va définir et transmettre cette passion. 


Merci Sébastien 

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L'auteur

Jean-Aurel Chazeau

Fondateur Leero Sport News et juriste en herbe rêvant comme un gosse devant les passements de jambes de Roni, pense toujours qu'Edixon Perea aurait pu jouer dans un top club.

@J_AurelChz | jeanaurelchazeau.com

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