Marco Weysmans : "De savoir que ces clubs là me suivent me motive encore plus pour être le meilleur. "

Le 06 09 2020 à 20h30

Pétri de talent, Marco Weysmans est passé il y a peu sous pavillon suédois en rejoignant Östersund. Ses performances ne sont pas passées inaperçues en Belgique et en France.

Marco Weysmans est l’auteur de belles performances en Suède dans un petit club de Allsvenskan, Östersund. Avant l’apparition du Covid 19 et sous les ordres de Ian Burchnall, le joueur s’épanouissait et commençait à confirmer les bons espoirs vus en lui. Formé au PSV aux côtés de Steven Bergwijn, le nom du joueur avait été coché par le Standard de Liège et les Girondins de Bordeaux notamment. 


Bonjour Marco, tu es un arrière gauche de talent, peux-tu te présenter ? 

Je suis un très bon gaucher et à l’entrainement, je centre bien. Tous mes coéquipiers te le diront. Je pense que cela se verra de mieux en mieux en match avec la confiance. Cela me frustre de ne pas pouvoir faire plus en match. La vérité c’est le week-end. 


Je préfère le système à 4 derrière car tu as plus d’options devant toi.


Tu as été mis en lumière par Ian Burchnall, parle nous de lui. 

On rejoue en 4-3-3. En effet, quand on s’est mis à 5 derrière, nous avons perdu notre équilibre. Quand le coach a reposé son 4-3-3, nous avons commencé à rivaliser de nouveau avec des équipes du top 3 en développant un jeu séduisant. Le Covid-19 a stoppé la machine. Pour moi en tant que latéral, je préfère le système à 4 derrière car tu as plus d’options devant toi. 


Raconte nous ton départ de Tubize pour la Suède. 

C’était compliqué pour Tubize financièrement mais cela s’est réglé en bonne intelligence. J’avais un peu d'asthme et j’ai été traité pour cela en Suède. Car chez moi, cela apparaît quand il fait froid. Ici, on jouait en synthétique et je n’avais pas l’habitude de cela. En pré-saison, j’ai fait mes matchs, Östersund était très content de moi. Je me sens dans la meilleure condition physique de ma carrière et le fait d’avoir résolu ce problème m’a permis de me développer réellement sur le plan athlétique. Je ne peux même pas te dire comment cela a changé ma vie. 


Je me sens dans la meilleure condition physique de ma carrière


Tu as été formé au PSV avec Steven Bergwijn. Peux-tu nous en dire plus sur ton parcours ?

Après le PSV, je pars à Cardiff. Je pouvais signer à Lokeren, Courtrai mais le plus important pour moi était de jouer. Quand j’étais à Cardiff, j’étais milieu de terrain box to box. Personne ne me passait (rires). Tu dois savoir que le propriétaire de Cardiff, Vincent Tan est le même que Courtrai et on me proposait moins qu’à Cardiff sans être sûr de jouer mais au moins, on ne m’a pas menti, tout le monde a été correct avec moi. Je suis allé à Tubize qui était quatrième en Proximus League à ce moment. Christian Bracconi m’a placé en arrière gauche et je me suis éclaté à ce poste. Quand tu as 18 ans, tu dois faire tes preuves, Tubize pour moi, c’était une chance même si je savais que cela allait être dur. Je me suis dit que ce serait une étape. 

Des clubs étaient intéressés mais Östersund voulait vraiment me faire venir pour le sportif et pas le financier. Le directeur sportif a été clair avec moi. Il est venu à Bruxelles, le contrat était prêt en deux heures. 


Quand j’étais à Cardiff, j’étais milieu de terrain box to box


As-tu joué avec Jordan Blaise, l’ancien Girondins, à Cardiff ? 

On a habité ensemble quand nous étions à Cardiff. C’était un bon défenseur central mais il prenait trop de risques (rires). Le coach croyait vraiment en lui mais il est arrivé en retard à un meeting avec l’équipe une, puis cela a été compliqué physiquement. Il aurait pu s’imposer réellement là-bas. C’était un super mec. 


Christian Bracconi m’a placé en arrière gauche et je me suis éclaté à ce poste.


Bordeaux et le Standard ont suivi tes performances avec Östersund la saison dernière et penseraient à toi. Qu’est-ce que cela t’évoque ? 

C’est un grand honneur d’être suivi par ces clubs. C’est l’une des meilleures équipes de Belgique. Je connais bien Enock Kwateng car on s’est affronté lors des Belgique-France dans les catégories de jeunes. On est resté en contact car on rigolait bien ensemble. Bordeaux, c’est vraiment un grand club en France. De savoir que ces clubs là me suivent me motivent encore plus pour être le meilleur. 

Cependant, sache que j’ai toujours dit à mon agent de me parler uniquement des choses concrètes et pas des intérêts ou des touches. 


Je connais bien Enock Kwateng car on s’est affronté lors des Belgique-France dans les catégories de jeunes.


Tu as un peu l’image d’un espoir qui tarde à concrétiser, comment expliques-tu les difficultés à passer des équipes de jeunes au statut professionnel ? 

Quand tu intègres les moins de 23 ou l’équipe réserve et que tu vois les autres joueurs à la télévision ou la Ligue des Champions, tu as beaucoup de certitudes et des jugements faciles. C’est finalement lorsque tu intègres un groupe professionnel que tu comprends le fossé qu’il y a entre la réserve et le haut niveau. D’autant plus que lorsque tu as la chance d’intégrer un groupe professionnel et que tu as du talent, pas mal de jeunes ont du mal à comprendre qu’il faille faire beaucoup plus que ceux qui sont déjà installés. En fait, c’est une autre vie de footballeur qui démarre. 


Lorsque tu intègres un groupe professionnel, tu comprends le fossé qu’il y a avec le haut niveau. 


Quelles sont tes ambitions ? 

Mon rêve est de gagner la Ligue des Champions et bien sûr, remporter la Coupe du Monde avec la Belgique et le dédier à mon père qui est décédé quand j’avais quinze ans. C’est de là que je puise ma motivation. Ce sont deux compétitions différentes avec des particularités respectives. 


On me dit souvent que je suis trop technique pour un arrière gauche.


Qui sont tes modèles ? 

Je m’inspire actuellement de Marcelo. Des phases défensives de Patrice Evra, de l’agressivité d’Ashley Cole. A l’entrainement, je fais beaucoup de gestes techniques mais en match, tu ne peux pas blaguer, tu dois être sérieux. Si on joue cinq contre cinq, je suis un attaquant qui peut défendre, je ne suis pas défenseur. On me dit souvent que je suis trop technique pour un arrière gauche. 


Tu as une belle vision du jeu qui se traduit par beaucoup d’interceptions. Comment l’analyses-tu ? 

J’étais numéro 8 au départ et j’étais très bon sur les deuxième ballons. Cette formation m’a aidé dans mon jeu d’interceptions. J’ai beaucoup travaillé cela quand j’étais à Cardiff. Tu dois toujours anticiper où la balle va arriver. 


Que souhaiterais-tu dire aux gens qui ne te connaissent pas encore ? 

Je sais que les gens n’ont pas encore vu le Marco que moi je connais. Je sais que j’en ai sous la pédale. Avec des détails, je vais vraiment cartonner. Il ne manque pas grand chose pour briser une bonne fois pour toute le plafond de verre qui me sépare du très haut niveau. Actuellement, je sais que je suis suivi car le championnat suédois est plus médiatisé que la Proximus League. La vie m’a appris à être exigeant. En Suède, tu dois apprendre à te gérer aussi en dehors du terrain, je fais attention à ce que je mange, comment je gère mes après séances ou mes après matchs. 


Merci 


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L'auteur

Jean-Aurel Chazeau

Fondateur Leero Sport News et juriste en herbe rêvant comme un gosse devant les passements de jambes de Roni, pense toujours qu'Edixon Perea aurait pu jouer dans un top club.

@J_AurelChz | jeanaurelchazeau.com

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