Isma : " L’Europa League nous permettait de nous mesurer à ce qui se faisait de mieux comme avec les Girondins de Bordeaux "

Le 19 04 2020 à 20h40

Esmael Gonçalves nouveau joueur de Matsumoto Yamaga en deuxième division japonaise peut se targuer d'avoir sauvé l'OGC Nice en Ligue 1 et d'avoir connu quelque grands entraîneurs. Durant ce confinement, nous en avons profité pour parler football avec lui.

Esmael Gonçalves dit Isma fait partie de ces joueurs évoluant à l’autre bout de la planète en pleine épidémie de Covid-19. Plus précisément au Matsumoto Yamaga en J2 League. International Guinéen (Bissau), il revient sur sa carrière avec un clin d’oeil pour les Girondins de Bordeaux évidemment. 


Bonjour Isma, comment vas-tu ? 

Merci pour ton appel, écoute, je suis arrivé ici au Japon dans cette ville de Matsumoto, non loin des montagnes. Un endroit paisible pour jouer au football. Si les matchs sont arrêtés, nous continuons à nous entraîner. Je ne te cache pas que j’ai quelque difficultés à parler japonais mais j’ai un traducteur qui est souvent avec moi donc cela pourrait être pire même si la famille manque. 


Justement, cela semble surprenant de te voir au Japon. Qu’est-ce qui t’a séduit dans le projet ? 

C’est vrai que cela peut paraître surprenant d’autant que cela se passait bien à Esteghlal mais avec les difficultés économiques dans la région, les salaires n’arrivaient plus et il a fallu prendre une décision, ce qui ne fut pas simple. J’ai eu des touches avec des clubs en Europe mais Matsumoto me voulait vraiment. Ils ont fait des efforts pour construire une équipe solide avec l’arrivées de joueurs expérimentés japonais mais aussi Jael, l’ancien avant centre de Grêmio, vainqueur de la Libertadores. 


Footballistiquement, à quoi cela correspond ? 

Et bien, le coach est quelqu’un de très rigoureux. Il m’a fait signé car il attend précisément quelque chose de moi. Au début, j’ai eu du mal à comprendre ce qu’il voulait notamment sur les phases de pressing mais j’y ai mis du miens et aujourd’hui, je respecte à la lettre ce qu’il me dit et ça fonctionne. Ce n’est pas le même football mais j’avais envie de m’inscrire dans un projet totalement différent, de découvrir un autre football tant que j’ai le physique pour le faire. Nous avons l’ambition de remonter en JLeague rapidement et pourquoi pas grandir encore. 


L’ambition de Matsumoto est de remonter rapidement en JLeague 


Tu as une trajectoire assez surprenante. Le club de Nice vient te chercher au Portugal chez les jeunes et finalement tu pars. Pourquoi ? 

Je ne garde que des bons souvenirs de Nice. Nous avions une équipe incroyable avec de la qualité technique au milieu de terrain. Je reste dans l’esprit des supporteurs car j’ai inscrit le but du maintien à Lyon dans un match épique à Gerland. J’avais fait une saison correcte, je progressais dans mon jeu et je pensais que j’allais confirmer l’année d’après. C’est comme ça.


Tu pars à Rio Ave où tu rejoins un grand nom : Nuno Espirito Santo ! 

Ouais c’est un grand Monsieur. Il est très paternel et si j’ai eu quelque écarts, il savait comment me prendre et comment me faire progresser. Il a levé tous les trophées européens et a connu les meilleurs quand il jouait à Porto. Sa trajectoire et sa réussite ne me surprennent pas, c’est quelqu’un qui sait gérer un vestiaire et qui rayonne par son charisme. 


Nuno Espirito Santo rayonne par son charisme et est très paternaliste


Là-bas, tu as connu quelque pointures…

Ouais, je ne sais pas si c’était parce que nous avions Nuno en coach mais dans les buts nous avions Oblak et Ederson en doublure. Aujourd’hui, c’est vrai que ça laisse pantois mais déjà à l’époque, ça jouait terrible dans les buts (rires). Fabinho aussi est arrivé en même temps que moi mais je ne sais pas ce qu’il s’est passé, on ne l’a plus vu ensuite. 


A Rio Ave, nous avions Oblak et Ederson dans les cages : ça jouait terrible ! 


Avant de parler de ton histoire d’amour avec l’Ecosse, je dois aborder les Girondins de Bordeaux que tu as fini par jouer en Europa League. Tu t’en souviens ? 

Oui bien sûr, c’était en Coupe d’Europe dans ces jours d’hiver. C’était un match important dans les phases de poule dont le format était récent. Je ne sais pas s’ils nous connaissaient beaucoup mais nous avons joué notre chance à fond et puis la Coupe d’Europe, tu sais pour des clubs comme l’APOEL, à l’époque, c’était très important. Cela nous permettait de nous mesurer à ce qui se faisait de mieux. Sur un débordement, le ballon fuse devant la cage, tout le monde laisse le ballon passer, je mets le pied et c’est but. Un bon moment même si nous avons perdu ensuite. Cette année, ça ne se joue pas à grand chose pour les 16eme car vous marquez à la toute fin alors que nous avions fait un bon match chez vous et on fait nul contre Tel Aviv sur la dernière journée. Bref, c’est le football. 



L’Europa League nous permettait de nous mesurer à ce qui se faisait de mieux comme avec les Girondins de Bordeaux 


L’Ecosse maintenant, tu as joué à Saint Mirren puis Hearts. Deux bons clubs là-bas, les fans se souviennent de toi. Pourquoi ? 

L’Ecosse, c’est particulier. C’est un jeu direct et physique, il n’y a pas trop de fioriture et tu ne peux pas tricher. Il y a aussi cet esprit autour que j’aime bien. Etre accessible fait aussi partie du métier là-bas. C’est très sympa et chaleureux. Pour Saint Mirren, j’arrive dans des conditions difficiles mais je marque dès le premier match, dont rien de mieux pour se mettre le public dans la poche, je joue presque tous les matchs jusqu’à la fin de la saison. Je sors un gros match à domicile contre le Celtic en faisant une assist, on fait nul et cela, tu le sais, ça fait toujours plaisir aux fans d’autant plus que le Celtic à l’époque était vraiment intouchable en Premiership. 


En Ecosse, avec Saint Mirren on fait nul contre le Celtic, un sacrée performance à l’époque. 


Bis repetita avec Hearts en 2017 ? 

Ouais, j’arrive à la même période et puis l’Ecosse, au niveau du temps, enfin tu vois, c’est pas le paradis (rires). Même topo, je joue avant centre je crois, et on tape les Rangers lourdement. Match d’après, je mets un doublé dans un match où je prends pas mal de coups. On manque le nul à Ibrox Park malgré mon égalisation. La deuxième saison, je pars sur de bonnes bases et puis Pakhtakor vient me chercher. 


Oui, j’ai vu que tu avais pas mal de clubs « exotiques ». Pourquoi ces destinations ? 

Déjà, c’était des contrats qu’on ne pouvait pas refuser d’une part. Mais sportivement, puisque tu pars de Pakhtakor, le coach c’est Shota Arveladze, et si tu connais le football, tu sais que c’est un grand monsieur qui a marqué son époque. J’ai eu de bonnes sensations là-bas. Après, je rejoins Winfried Schafer qui lui aussi est un entraîneur reconnu internationalement, il connait bien l’Afrique. Il a su nous amener sa vision des choses avec beaucoup de rigueur, évidemment. C’est un mec qui a du vécu et qui sait comment amener une équipe au top niveau. 


J’ai connu Arveladze et Schafer, deux grands messieurs du football


Dernier point que je voudrais aborder avec toi, c’est la sélection. Où en es-tu ?

C’est vrai que j’ai pas pu y aller la dernière fois mais je suis toujours disponible pour aider l’équipe nationale à performer. Nous avons quelque bons joueurs qui arrivent sur le devant de la scène et puis, j’en profite pour évoquer mon ami Zezinho qui a un talent fantastique. Je n’ai pas trop compris ce qu’il s’était passé alors qu’il explosait au Sporting. Un milieu offensif avec une touche de balle rare. Certains clubs européens devraient vraiment se pencher sur son cas. 


Zezinho a un talent fantastique, je n'ai pas compris ce qu'il s'était passé pour lui au Sporting alors qu'il explosait là-bas.


Que peut-on te souhaiter Isma ? 

De continuer à faire ce que j’aime, d’être en bonne santé ma famille et moi.


Merci Isma ! 

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L'auteur

Jean-Aurel Chazeau

Fondateur Leero Sport News et juriste en herbe rêvant comme un gosse devant les passements de jambes de Roni, pense toujours qu'Edixon Perea aurait pu jouer dans un top club.

@J_AurelChz | jeanaurelchazeau.com

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