Bryan Roy : "Avec sa coupe de cheveux, Richard Witschge était un bourreau des coeurs "

Le 05 05 2020 à 18h42

Virevoltant et solaire, Bryan Roy a marqué l'histoire de l'Ajax Amsterdam en remportant la Coupe UEFA 1992. Il revient sur sa riche carrière sans omettre la fameuse saison 1995-96 des Girondins de Bordeaux.

Bryan Roy a marqué l’histoire de l’Ajax Amsterdam en y remportant la Coupe UEFA en 1992. Pure produit ajacide, il nous explique ce que représente ce club, sa carrière sans omettre bien entendu, les Girondins de Bordeaux. 


Bonjour Bryan, que représente l’Ajax Amsterdam et qu’est ce que tu y as appris ? 

On parle d’un club qui a remporté plusieurs coupe d’Europe. Je ne parle pas que de la Ligue des Champions, mais la Coupe de l’UEFA que nous avons remporté en 1992 et aussi la Coupe des Coupes qui n’existe plus aujourd’hui. C’est un sacré club rien que d’avoir dit ça ! Les gens attendent toujours de nous voir briller sur la scène européenne ce qui amène beaucoup de pression positive. 


Les gens attendent toujours de voir briller l'Ajax sur la scène européenne


Pierre Littbarski nous avait dit qu’à son époque, c’était plus important de remporter la Bundesliga qu’une coupe d’Europe. Qu’en penses-tu ? 

Oui, je vois ce que tu veux dire, même si on ne crache pas sur un titre, la Bundesliga à son époque, c’était énorme ! Tu avais bon nombre d’équipes qui pouvaient prétendre au sacre. Mais ici, j’ai toujours préféré une coupe d’Europe (rires). 


Tu as remporté la Coupe UEFA comme on le sait, quelles étaient les principales difficultés que tu as rencontrées ? 

A l’époque, tu sais, il n’y avait pas de pause. Ca enchaînait sec avec beaucoup de pression. Tu n’avais pas de phase de poule comme aujourd’hui qui te permettait de pouvoir perdre un ou deux matchs pour te refaire ensuite. Là, c’était tout de suite qu’il fallait être bon. Il fallait aussi suivre en championnat. C’était de très longues saisons, crois moi. 


A l'époque, l'Europa League, ça enchaînait sec avec beaucoup de pression !


Quand on regarde votre parcours, on constate des adversaires plutôt abordables, qu’en penses-tu ? 

C’est vrai que jusqu’en demi-finale, nous avons eu un tirage plutôt clément mais souviens toi qu’à cette époque, la Série A dominait tout. Nous avons affronté le Genoa de Branco et Collovati, deux champions du monde et en finale le Torino de Scifo, Casagrande (champion d’Europe avec Porto) et de Lentini pour ne citer qu’eux. Du lourd. 


Le Genoa de Branco et Collovati ainsi que le Torino de Casagrande et Scifo, c'était du lourd !


Que pensais-tu de cette finale aller-retour ? 

C’est vrai que cela aurait dû être sur un match dans une ville neutre mais le bon côté des choses, c’est quand tu gagnes la dernière finale à la maison, ce qui nous est arrivé. Je peux te dire que là, c’est fantastique. Magique. 


Gagner une finale à la maison, c'est fantastique


Comment expliques-tu que l’Ajax Amsterdam ait remporté plus de titres européens que tous les clubs français réunis ? 

Dans les années 90, j’ai l’impression que les clubs français étaient phase d’apprentissage et sont devenus meilleurs saison après saison. Maintenant, en France, vous avez toujours eu beaucoup de talents, eut et dû aussi à la grande mixité sociale de votre pays, comme le Surinam chez nous. C’est vrai que le constat que tu me dresses est étrange mais il y avait et il y a encore beaucoup de talents en France. Et puis, on échangerait bien vos deux coupes du monde contre nos Ligues des Champions (rires). 


Le fait qu'aucun club français n'ait réussi à remporter la Coupe UEFA est étrange


En 1992, tu as aussi joué avec des mecs incroyables comme Stanley Menzo qui a moins réussi chez nous. Comment était-il à l’Ajax et quels souvenirs gardes-tu de cette équipe ? 

Stanley était incroyable. C’est simple, nous sommes arrivés à peu près au même moment. Au-delà du gardien extraordinairement habile qu’il était, il pouvait jouer aussi dans le champ. Tu avais beaucoup de joueurs issus de la formation et nous étions avant tout une bande de copains. Quand tu regardes l’effectif de 1992, tu avais du talent partout mais surtout beaucoup de complicité. C’était la clé. 


Stanley Menzo était un gardien extraordinairement habile en plus de pouvoir jouer dans le champ


En 1995-96, tu fais une grosse saison avec Forrest. D’ailleurs, tu fais partie de la dernière grosse équipe de Forrest en éliminant Auxerre et Lyon. Tu t’en souviens ? 

Auxerre, j’étais blessé. Mais je me souviens que c’était très serré, nous gagnons 1-0 et on fait 0-0 chez nous. Je me souviens de mon premier match de Coupe d’Europe avec Forest où je marque mais c’est vrai que les clubs français cette année là, nous ont posé beaucoup de soucis. 


Cette année là, vous affrontez le futur vainqueur de l’édition : le Bayern Munich. Vous prenez l’eau…

En quart de finale, on arrive à leur tenir tête sur le match aller, chez eux. Mais cette saison, Jurgen Klinsmann marchait sur l’eau. Cela n’a pas été facile mais nous avons eu notre chance tu sais. Mais que d’expériences du haut niveau en face ! Tu avais Lothar Matthaus et toute la troupe ! Imagine, nous venions de remonter l’année précédente en Premier League, nous finissons 3eme du championnat derrière United et le Blackburn de Dalglish. La saison 95-96, on finit en quart de finale de Coupe de l’UEFA en étant la dernière équipe anglaise en lice. Personnellement, je marque une quinzaine de buts. Crois moi, c’était déjà inattendu et exceptionnel pour nous. 


En 1995-96, Klinsmann marchait sur l'eau avec le Bayern Munich


Te souviens-tu de la finale entre le Bayern et Bordeaux ? 

Ecoute, je me souviens surtout en avoir parlé avec Richard Witschge. Il a passé de merveilleux moments à Bordeaux et c’est notamment pour cela qu’il adore le vin. Je me souviens qu’il fait une saison incroyable, avec sa coupe de cheveux, c’était un bourreau des coeurs (rires). 


Avec sa coupe de cheveux, Richard Witschge était un bourreau des coeurs


Penses-tu qu’un club français arrivera un jour à de nouveau soulever un trophée européen ? 

Le Paris Saint Germain a l’obligation de le faire au moins une fois avec la Ligue des Champions vu les moyens mis en oeuvre. Franchement, je crois que pour la Ligue Europa, les autres clubs français ont largement les moyens sportifs et financiers d’aller faire quelque chose. Vraiment. 


As-tu un mot pour les supporteurs bordelais qui vont te lire ? 

Tout simplement d’être en bonne santé. De toujours croire en leur club magnifique. « Après la pluie, vient le beau temps » et ainsi de suite. 


Merci Bryan ! 

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L'auteur

Jean-Aurel Chazeau

Fondateur Leero Sport News et juriste en herbe rêvant comme un gosse devant les passements de jambes de Roni, pense toujours qu'Edixon Perea aurait pu jouer dans un top club.

@J_AurelChz | jeanaurelchazeau.com

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