SCO Angers - FC Girondins de Bordeaux : Yves Deroff un canari noir et blanc

Le 17 01 2019 à 09h58

En marge du match entre le SCO Angers et Bordeaux, Yves Deroff a répondu à nos questions

Yves Deroff, champion de France avec le FC Nantes en 2001 et vainqueur plusieurs fois de la Coupe de France a répondu à nos questions pour ce match important entre le SCO Angers et le FC Girondins de Bordeaux.


Que deviens-tu ?

Je gère un complexe au pied du Stade Raymond Kopa, le Angers SCO Footsal que je vous invite à venir découvrir si vous êtes de passage.



"Sala est un gros bosseur et quelqu'un de humble"


Y-a-t-il des connivences entre futsal et foot à 11 ?

Pour moi c'est complémentaire. C'est à dire qu'on peut progresser au niveau cardio, dans les petits espaces, de voir le jeu plus rapidement grâce au futsal. La grosse différence est qu'il n'y a pas de temps mort. L'un peut aider l'autre à progresser.


As-tu la possibilité d'amener des équipes du SCO Angers ?

On a offert des crédits au U15 etc..qui sont venus essayer le complexe mais pas que, d'autres équipes aussi sont venues s'exercer. Il y a matière à faire. Peut être les pros auront certainement des moments pour venir travailler. Cela a failli se faire avant la trêve mais on bosse dessus. Pour nous c'est avantageux, on peut louer nos creuses et eux peuvent faire travailler différemment, faire progresser leur jeunes. Il y a de vrais leviers d'évolution.


Le terrain, ça te manque ?

Le foot à 11, je joue encore à Chapelain avec Olivier Quint, Da Rocha etc...on joue pour des associations, des oeuvres caritatives, avec les anciens Nantais. Même si j'ai joué un match contre les commerciaux du club, je suis moins amené à être sur le terrain. Je suis plus dans les bureaux et chapeauter le projet. Le terrain, j'y suis moins. J'ai pas de manque mais c'est toujours un plaisir d'y aller.



Peux-tu nous parler de l'évolution du SCO Angers ?

A partir du National quand Olivier Pickeu est arrivé en place. Ils ont réussi à restructurer cela de part sa connaissance du foot et de son réseau. Avec l'arrivée du président Chabane a aussi permis de développer encore plus le club en y mettant encore plus de rigueur, et d'une dose de "corporated leadership" aussi. Le SCO est connu et reconnu dans le panorama de la Ligue 1 même si l'objectif est de se maintenir, ce que certain clubs n'ont pas encore fait. Il y a encore d'autres projets pour améliorer le stade. Il a pour moi un bel avenir. Tu vois quand je suis arrivé en 2010, j'ai vu de beaux joueurs faire de beaux parcours mais ils vont tenter de garder leurs meilleurs joueurs à l'avenir pour gratter des places au classement. Mais regarde Pépé, Bamba, Boufal, le club a toujours le nez pour trouver des joueurs qu'on n'attend pas. Ce club prend une nouvelle dimension et d'ici 4-5 saisons, il sera peut être plus fréquemment dans la première partie du classement.



La structuration du SCO est-elle basée sur l'excellente formation franco-nantaise ?

Tout à fait, la volonté du club est de bâtir pour les années à venir et on le voit bien avec Stéphane Moulin qui était entraîneur de la réserve. Déjà en 2010 quand je jouais, la formation était très importante pour le club sur un modèle que j'ai connu à Nantes. Ils ont envie d'avoir une formation à la française qui est réputée dans le monde du football, la preuve on se fait piquer beaucoup de jeunes, très jeunes même. Le fait que Stéphane Moulin soit passé entraîneur de la une, ça aide aussi à cette continuité. Les gens en place dans le centre de formation n'ont que cette philosophie en tête.



Tu as connu de nombreux titres. Quel étaient les préceptes du jeu à la nantaise ?

Oui, tout le monde les connait. C'est un jeu fait de passes et de mouvements. Le but est le placement. On pense toujours au Barça de Guardiola, mais ce jeu de passes était cher à José Arribas, Coco Suaudeau et Renald Denoueix mais nous étions imprégnés dès le plus jeune âge, ce qui permettait d'intégrer rapidement le groupe pro en venant de catégories de jeunes (l'interview de Jean-Jacques Eydelie toujours disponible en cliquant sur le lien). Quand tu as des bons techniciens au sein du club, tu crées une certaine identité.



On en revient de plus en plus à la formation mais finalement n'est-ce pas ça l'essence du foot ?

Je ne peux pas te dire le contraire. Tu prêches un converti. Tous les jeunes ne peuvent pas devenir professionnel dans un centre de formation. Le jeune est revenu au centre avec le mot "trading" mais c'était déjà comme ça à l'époque même si c'était moindre. C'est plutôt une bonne chose, car la formation française est un fleuron. Maintenant, certaines équipes se sont perdues en délaissant les centres de formation, le football c'est un tout. Cependant pouvoir compter sur un centre de formation crée un engouement, un amour du maillot et cela apporte beaucoup au club.


Quel est ton avis sur Emiliano Sala, l'ancien Bordelais ?

C'est un joueur qui m'a surpris parce que je ne pensais pas qu'il puisse rééditer des saisons comme il y a deux ans. Il ne paye pas de mine, il est beaucoup dans l'énergie. Il marque des buts mais en loupe parfois des "tout faits". C'est un gros bosseur et quelqu'un de humble. Je ne pensais pas qu'il puisse perdurer et là, c'est sa troisième saison à 12 buts donc je lui tire mon chapeau et le garçon est toujours là. Il est devenu très important au FC Nantes. Il avait des sollicitations lors de sa première saison où je m'étais dit que c'était l'année où jamais pour rentabiliser et je me suis trompé, il est vraiment excellent sur la durée.



As-tu eu des touches pour venir à Bordeaux ?

Peut être que j'ai eu des touches pour venir à Bordeaux, mais je n'étais pas au courant. Mais chez vous, je me serai plu avec en plus ma passion pour le vin. C'est un super club du football français avec de belles installations. Mais en tout cas, je n'ai pas été directement approché par les Girondins.


A quoi doivent s'attendre les Girondins face à Strasbourg en Coupe de la Ligue ?

C'est une équipe qui monte par notamment l'excellent travail de Marc Keller que je connais bien qui était directeur sportif. J'ai eu Ivan Hasek en coach la première saison, une personne attachante qui connaît très bien le football (interview de Ivan Hasek à lire en cliquant sur le lien). J'ai fait un essai à Strasbourg et c'est lui qui a donné l'aval. En fin de compte, Marc Keller fait du bon boulot que je rapproche de celui de Olivier Pickeu au SCO Angers notamment pour faire avancer les dossiers. Thierry Laurey, je l'ai côtoyé et j'ai apprécié ses méthodes à l'UNFP mais maintenant le travail paie. C'est une équipe qui est 6ème du championnat, elle est capable d'aller au bout du tournoi. J'ai eu la chance de gagner la Coupe de la Ligue avec Strasbourg avec une grosse équipe dont Niang, Pagis devant, ça carburait bien.



As-tu des souvenirs du stade Chaban-Delmas ?

Je n'ai pas vraiment de souvenirs mais je crois que nous étions venus gagner 0-2 avec un doublé de Niang (il ne marque qu'un but en fait). Mais déjà avec Nantes, c'était déjà des derbys incroyables. Mais je me souviens ce long couloir, tu mettais trois plombes pour aller sur le terrain, tu peux cogiter grave. Je suis étonné qu'il n'y a pas eu plus d'échauffourées d'ailleurs. C'est ce que je retiens de Chaban.



Tu n'as jamais porté la tunique bleue, un regret ?

En jeune par contre, je les ai toutes portées avec un titre de champion d'Europe. Je devais partir en Espoir en 1999, on joue le dernier match contre Marseille, je me fais tibia-péroné, le train Equipe de France est passé et puis après, je n'ai pas été assez régulier pour intégrer les A. Mais il y avait une grosse génération avec Thierry Henry etc...


Tu n'as jamais eu d'expérience à l'étranger, pourquoi ?

Avant de prolonger avec Strasbourg, j'ai failli avoir un club en Allemagne, il y avait Stuttgart où ça carburait à ce moment. J'ai eu l'idée en tête mais il faut avoir le bon agent, le bon interlocuteur, ça se joue à pas grand chose. On n'a peut être pas été en profondeur sur le dossier mais après j'ai prolongé avec Strasbourg. J'aurais voulu peut être jouer en Espagne mais aussi j'adorais Manchester parce que "Cantona". On a d'ailleurs pris une branlée là-bas. Autant au match aller, on fait l'exploit, en un quart d'heure, on mène 0-1 et puis après la machine s'est mise en place et c'était fini.



Merci Yves



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L'auteur

Jean-Aurel Chazeau

Fondateur Leero Sport News et juriste en herbe rêvant comme un gosse devant les passements de jambes de Roni, pense toujours qu'Edixon Perea aurait pu jouer dans un top club.

@J_AurelChz | jeanaurelchazeau.com

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