Le Magicien

Le 20 06 2018 à 21h39

Savio Bortolini, véritable légende au Brésil et en Espagne a répondu à nos questions. Samba.

En exclu pour Leero Sport News, Savio Bortolini, triple vainqueur de la Ligue des champions 1998, 2000 et 2002 avec le Real Madrid revient pour nous sur sa carrière, son passage à Bordeaux et la Seleçao. Moment teinté de gentillesse et de frissons. Entretien.


Qu'est-ce que « Savio football » ?


C'est une compagnie de gestion sportive qui prend soin des athlètes du football. Une gestion professionnelle de leur image et leurs finances.


Vous vous souvenez de Bordeaux?


Oui, beaucoup, j'ai adoré la ville, la structure du Club, j'ai passé un très bon moment à Bordeaux.


Aux Girondins, vous faites 6 premiers mois décevants et puis l'explosion...


Je ne suis pas tout à fait d'accord. J'arrive au club en Septembre et le championnat avait déjà commencé. J'ai mis 3 mois à m'adapter au style de jeu et puis après les choses se sont mises en place.


Vous avez rencontré un autre Brésilien ici. Vous échangez toujours avec Eduardo Costa?


Eduardo est mon ami, mon « Vezino » (poulet/fraté ndlr) au Brésil, nous sommes toujours ensemble, en plus d'un grand joueur, c'est une belle personne.


Quelles étaient les difficultés du jeu français?


Je n'ai pas ressenti de difficulté, juste une question d'adaptation, la Ligue espagnole est plus technique, avec plus de cadence et de rythme que le championnat français, mais j'y ai quand même pris beaucoup de plaisir.


Comment vous arrivez à Bordeaux ?


J'avais une saison de plus avec le Real et la proposition de Bordeaux est arrivée, j'ai accepté car je souhaitais quelque chose de nouveau en termes de défi et puis je voulais me retrouver, cela a été une fabuleuse expérience.


Qui a facilité votre adaptation à Bordeaux?


Je savais que j'allais avoir un peu de mal au début, mais lorsque ma famille m'a rejoint, tout a été plus facile et puis Eduardo Costa a été une pièce maîtresse dans mon adaptation aussi.


Une partie de mon cœur est resté à Bordeaux. J'ai essayé de leur [fans] rendre leur amour par mon football et j'espère y être arrivé.


Vous suivez Malcom?


Je sais que c'est un bon joueur et qu'il se débrouille bien.


Mathieu Béda nous a dit que vous étiez un joueur timide dans les vestiaires. Est-ce un trait de votre caractère?


Je suis de nature calme, c'est vrai. C'est mon style. J'y vais petit à petit dans les vestiaires et avec mes coéquipiers. C'est ma façon de faire.


Vous avez un palmarès impressionnant avec Madrid. Quel joueur vous a le plus marqué ?


Ce n'est pas évident d'en choisir quelque uns car je m'entendais bien avec tout le monde. Mais j'ai réellement créé des liens d'amitié avec Roberto Carlos et Clarence Seedorf.


Etes-vous surpris par la réussite de Zidane ?


Pas du tout, peut être la manière si rapide qu'il a eut de mettre tout le monde d'accord en gagnant tant de titres. C'était déjà un joueur très professionnel, tranquille avec beaucoup de sang froid. Vous savez, il y a beaucoup d'attente autour du club et la marque des grands, c'est de savoir absorber la pression et de faire gagner l'équipe. Car crois moi, entraîner le Real Madrid est extrêmement difficile. Avec deux mauvais résultats, tu peux sauter. Malgré un début de saison moyen, il a su maintenir son équipe à flot.


Avez-vous suivi le parcours des Girondins cette saison ?


Oui, je suis très content pour le club qu'ils aient réussi à attraper les barrages pour l'Europa League.

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C'est un regret de ne pas avoir prolongé l'aventure avec Bordeaux ?


Je n'ai pas compris pourquoi le club n'avait pas fait de proposition pour que je reste à l'époque. Je me sentais bien et la saison avait été de haut niveau. Je suis parti à Saragosse pour vivre l'un des moments les plus importants de ma carrière sportive avec 3 années spectaculaires ponctuées de titres marquant l'histoire du club.


Vous ne jouez pas dans la Coupe du monde en France en 98, comment le vivez-vous?


J'espérais jouer la Coupe du monde, mais ce n'était pas possible. Je n'ai pas de regret. Cela m'a permis de travailler encore plus à l'entrainement. Tu sais quand on sort une liste, il y a toujours des malheureux. Mais par exemple, je crois que Tite sait très bien ce qu'il fait avec le Brésil et le travaille qu'il réalise est vraiment bon, maintenant, on va voir ce qu'il va se passer pour la Seleçao.


Devenir un ambassadeur des Girondins au Brésil, est-ce tentant?


Comme je l'ai dit précédemment, j'ai un amour pour les Girondins. Je n'y ai passé qu'une saison mais j'ai tout donné, et je pense que les gens l'ont vu. J'aurais souhaité gagner la Ligue 1 avec le club car au Brésil, peu l'ont remporté. Je vis ici au Brésil mais je voyage souvent en Europe. Je vais être franc, porter le nom des Girondins serait un immense plaisir surtout qu'au Brésil, ici, il y a de nombreuses opportunités.


Avez-vous des anecdotes sur votre visite à Bordeaux?


Oui, la première semaine, je me suis fait piqué la balle 3 fois, et j'entendais « ça vient ! » (« savian » en espagnol dans l'entretien), je pensais que c'était mon nom en Français alors je suis devenu prudent lorsque je perdais la balle. Et puis Eduardo est venu m'expliquer et j'ai été plus attentif.


Que pensez-vous de Arana, le joueur de Séville et de Trauco de Flamengo?


Ce sont des bons joueurs, mais il y en a beaucoup au Brésil.


Nous avons parlé de la rumeur de Ganso à Bordeaux il y a quelque temps, qu'en pensez-vous?


C'est un grand talent qui a eu des problèmes dans l'adaptation au football espagnol, mais il s'améliore chaque année et s'éclate en Espagne.


Avez-vous un joueur à conseiller aux Girondins qui vous a impressionné au Brésil?


Eh bien, le Brésil est empli de grands talents mais avant de parler il faut connaître le profil recherché par le club, la philosophie de l'entraîneur et bien sûr, le budget. C'est une analyse globale très importante.


Les supporteurs gardent un excellent souvenir de vous. Avez-vous un mot pour eux?


J'ai beaucoup d'affection pour eux et une partie de mon cœur est resté à Bordeaux. J'ai essayé de leur rendre leur amour par mon football et j'espère y être arrivé.


Je tiens à vous remercier pour avoir répondu à nos questions pour Leero Sport News ainsi que votre entourage pour sa réactivité.


De rien, ce fût un réel plaisir, à très bientôt !  





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L'auteur

Jean-Aurel Chazeau

Fondateur Leero Sport News et juriste en herbe rêvant comme un gosse devant les passements de jambes de Roni, pense toujours qu'Edixon Perea aurait pu jouer dans un top club.

@J_AurelChz | jeanaurelchazeau.com

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